LOUP

25 avril 2008

Le manichéisme en religion opposé au machiavélisme éclairé fin

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« On doit bien comprendre qu’il n’est pas possible à un prince, et surtout à un prince nouveau, d’observer dans sa conduite tout ce qui fait que les hommes sont réputés gens de bien, et qu’il est souvent obligé, pour maintenir l’État, d’agir contre l’humanité, contre la charité, contre la religion même. Il faut donc qu’il ait l’esprit assez flexible pour se tourner à toutes choses, selon que le vent et les accidents de fortune le commandent ; il faut, comme je l’ai dit, que tant qu’il le peut, il ne s’écarte pas de la voie du bien, mais qu’au besoin il sache entrer dans celle du mal. » Nicolas Machiavel

(Toutes les illustrations de cet article sont des photos que j'ai pris à Florence, ville ou vécut Machiavel)

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Le manichéisme en religion opposé au machiavelisme éclairé 12

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Par ailleurs, Machiavel souligne l'incapacité pour l'homme de distinguer le Bien du Mal. Ainsi, selon lui, l'homme peut juste affaiblir le mal dans le bien ou accentuer le bien dans le mal, ce qui sous entend une possibilité de conversion ou de commutation de ces notions. Un acte de mal peut se transformer en acte de bien s'il en résulte plus de résultats positifs que négatifs. Quod erat demonstrandum

« Les hommes sages savent se faire toujours un mérite de ce que la nécessité les contraint de faire. » Nicolas Machiavel

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24 avril 2008

Le manichéisme en religion opposé au machiavélisme éclairé 11

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Le Mal n’est donc pas une transgression fatale ou une damnation morale, mais une démarche acceptable en politique plus qu’en religion, si sa fin est de servir un Bien général final. En se démarquant radicalement de la morale et de la religion, le machiavélisme nous enseigne qu'il est nécessaire de savoir user de la ruse et de la force, de rejeter les principes fondamentaux d'abnégation et de pardon de la religion, et de s'armer parfois de certaines intentions amorales mais non immorales.

« Tout le mal de ce monde vient de ce qu'on n'est pas assez bon ou pas assez pervers. » Nicolas Machiavel

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Le manichéisme en religion opposé au machiavélisme éclairé 10

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Le Bien et le Mal sont donc au cœur du machiavélisme. Cependant, bien loin de la sempiternelle confrontation exhalée par les religions, Machiavel les enchaine de façon bien plus réaliste. En s’opposant au dicta qui veut que le Bien sera la récompense de ceux qui souffrent ou endurent le Mal (cf enseignement élémentaire de la doctrine et de la morale chrétienne), et que ceux qui s'adonneront au Mal seront punis ad vitam aeternam, il insiste sur la corrélation intime de ces deux notions. Le Bien est toujours si intrinsèquement lié au Mal, qu’il semble impossible de les concevoir l’un sans l’autre. De même, il n’existe pas de bien ou de mal en soi.

« Car il faut faire tout le mal d'un coup afin que moins longtemps le goûtant, il semble moins amer, et le bien petit à petit afin qu'on le savoure mieux. » Nicolas Machiavel

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23 avril 2008

Le manichéisme en religion opposé au machiavélisme éclairé 9

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Ainsi le machiavélisme nous enseigne trois principes fondamentaux. Tout d'abord, le pouvoir appartient à celui qui l’exerce réellement, fut il dans l’ombre, et non à celui qui prétend ou entend l’exercer. Ensuite, la fin justifie les moyens : autrement dit, le destin devant lequel nous sommes impuissants, justifie l’utilisation, au bon moment, du bon moyen : l'occasion propice à l'initiative audacieuse. Ainsi, l’utilisation d’actes du Mal est il pleinement justifié si le dessein qu’il sert, est clairement établi. Enfin, la lucidité et la vivacité d’esprit, qui désignent l'énergie dans la conception et la rapidité dans l'exécution, la résolution et la ruse, le "génie politique", en définitive, en sont les notions essentielles. C'est l'art de choisir les moyens en fonction du destin et de dominer ainsi les circonstances. En conclusion, l’usage du Mal est toléré et même parfois nécessaire pour celui qui souhaite réussir son entreprise.

«Car la force est juste quand elle est nécessaire.» Nicolas Machiavel

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Le manichéisme en religion opposé au machiavélisme éclairé 8

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Le Machiavélisme aborde cette notion de Bien et de Mal, non de façon antinomique ou antagoniste, mais de façon corrélative voire complémentaire. S’il paraît établi que ce qui distingue l’homme de l’animal est la manière de régler un problème par la loi plutôt que par la force, pour Nicolas Machiavel la force est aussi utile que la loi afin de s’assurer un succès. Il est donc vraisemblablement admissible de considérer que l’usage du Mal ne peut être écarté, si l’on désire agir dans l’intérêt général ou pour s’assurer une victoire finale.

"Il faut estimer comme un bien le moindre mal." Nicolas Machiavel


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Le manichéisme en religion opposé au machiavélisme éclairé 7

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Pourtant, la religion définit sans circonstances atténuantes ou degrés d’appréciation ce qui relève du Bien et ce qui relève du Mal. Elle définit alors de façon totalement subjective que tel acte sera un Mal ou tel autre un Bien. Sans discernement ou repentance aucune, elle a ainsi cautionné les plus grands génocides en son nom (inquisition, conquête de l’Amérique latine, …) sous le couvert de la défense du Bien et de la lutte contre le Mal. La dualité manichéenne y a trouvé plus qu’une raison d’etre, une essence.

« Des livres furent ouverts. Et un autre livre fut ouvert, celui qui est le livre de vie.

Et les morts furent jugés selon leurs oeuvres, d'après ce qui était écrit dans ces livres. (...)

Quiconque ne fut pas trouvé écrit dans le livre de vie fut jeté dans l'étang de feu. (...)

Leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort.»
(Apocalypse 20.12,15 et 21.8)

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Le manichéisme en religion opposé au machiavélisme éclairé 6

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En effet, l’histoire de chacun, la mémoire collective ou l’éducation différente reçue par chaque individu pervertira irrémédiablement notre façon d’appréhender les actes de nos semblables, tout comme les nôtres. Ainsi, un acte de Bien ou de Mal est une question d’occurrence et non de certitude. Nous jugeons sans doute trop facilement les actes d’autrui en tant qu’acte du Mal sans être aussi impartiaux ou objectifs pour nos actes propres.

« Que celui qui est injuste soit encore injuste, que celui qui est souillé se souille encore; et que le juste pratique encore la justice, et que celui qui est saint se sanctifie encore. » (Apocalypse 22 .11)

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Le manichéisme en religion opposé au machiavélisme éclairé 5

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Pour autant, la perception du Bien ou du Mal n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît. En effet, cette dichotomie de nos actes en un jugement religieux ou philosophique perpétuel, n’est pas objectivement concevable. L’évaluation de nos actes ne dépend pas seulement de critères psychologiques ou théologiques, mais aussi de conjonctures liées à l’espace et au temps. Ainsi, les actes ne seront pas ressentis par nous même ou par autrui de la même façon, selon l’époque et le lieu ou ils se seront déroulés.

«Si le juste se détourne de sa justice et commet l'iniquité, s'il imite toutes les abominations du méchant, vivra-t-il? Toute sa justice sera oubliée, parce qu'il s'est livré à l'iniquité et au péché; à cause de cela, il mourra.» (Ezechiel 18.24)

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Le manichéisme en religion opposé au machiavélisme éclairé 4

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Les religions, qu'elles soient monothéistes ou non, adoptent comme dogme fondamental, les notions de Bien et de Mal. Apparue au moment ou l'homme a acquis la conscience de lui-même, de sa condition mortelle ainsi que de sa place dans la société, au moment ou il a eu conscience des conséquences de ses propres actions non seulement pour lui-même, mais aussi pour autrui, pour son environnement et son mode de vie, la dualité manichéenne s’est inscrite dans son esprit, à la douleur de ses échecs ou au bonheur de ses succès, pour forger lentement la conscience morale de l'humanité.

«Ne jugez de rien avant le temps, jusqu'à ce que vienne le Seigneur, qui mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et qui manifestera les desseins des coeurs.» (Corinthiens 4.5)

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